Giordano Bruno sur le sens cosmique et spirituel de l'amour

Bruno a écrit avec un aperçu philosophique et lyrique de l'amour

Giordano Bruno était l'une des grandes figures intellectuelles de la Renaissance. Pratiquant à la fois la philosophie et la magie en tant que spéculation cosmologique, Bruno a compris dans l'amour la force contraignante du cosmos et a incorporé à sa cosmologie une compréhension platonique de l'amour. Il a également appliqué sa théorie de l'amour dans sa doctrine magique, car le magicien pouvait utiliser la force érotique du cosmos pour manipuler et attirer. Giordano Bruno croyait que l’amour était le lien des liens - qui tenaient l’ensemble de l’univers et pouvaient être utilisés pour attirer n'importe quoi. Comme certains philosophes platoniciens, il considérait Eros comme le " daemon magnus ", l'esprit suprême qui aimait le cosmos - et le premier parmi les divinités. Dans son livre sur les liens en général, Bruno écrit: "En toute chose, il existe une force divine, c'est-à-dire l'amour, le père en lui-même, la source, l'océan divin de tous les liens." C'est à travers ce lien, ajoute Bruno, que les choses inférieures montent vers les choses supérieures. Bruno a fait écho à la notion néo-platonicienne de hiérarchie de l'être, dans un cosmos émanationniste, dans lequel l'âme devrait s'élever comme si elle était et entreprendre un retour conduit par l'amour et la connaissance vers l'intelligence divine. Marsilio Ficino dans son Commentaire sur le banquet de Platon avait écrit:

L'amour n'est rien de plus qu'une certaine vertu de conjugaison et d'unité qui amène les choses supérieures à fournir les choses inférieures; et réconcilier les choses égales dans la communion mutuelle; et réveille également les inférieurs, de sorte qu'ils deviennent les plus nobles.

Bruno différencie l'amour spirituel du simple eros animal, c'est-à-dire l'amour héroïque qui tend au spirituel ou qui prend le matériel comme une plate-forme vers le spirituel, conformément à la doctrine de Diotima:

Tous les amours - s'ils sont héroïques et pas seulement des animaux - visent la divinité, tendent à la beauté divine, qui communique d'abord aux âmes et brille en eux; et par les âmes - ou plutôt par elles -, il est ensuite communiqué aux corps: c'est pourquoi l'affection bien ordonnée aime les corps ou la beauté corporelle, de sorte qu'il y a une indication de la beauté spirituelle en eux. De plus, ce qui tombe amoureux du corps, c'est une certaine spiritualité que nous y voyons, qui s'appelle beauté et qui ne consiste pas en dimensions plus ou moins grandes, ni en certaines couleurs ou formes, mais en une certaine harmonie et harmonie des membres et couleurs Cette harmonie montre une certaine affinité avec l'esprit, qui est perceptible aux sens les plus aigus et les plus pénétrants; suivez ceci: ceux qui sont dotés de tels sens tombent amoureux plus facilement et intensément et de la même manière, tombent plus facilement de l'amour.

( Des furores héroïques )

Après tout, l’amour pour cette tradition, qui dans le cas de Ficin et de Bruno a déjà été mêlée au christianisme, qui à son tour, était influencé par des théologiens alexandrins, était remplie de logos platoniques. force déifique L'amour est dans l'être humain ce divin, cette même flamme divine qui s'élève dans son épistrophe vers lui-même. L'amour est une rage extatique anagogique.

Ces fureurs ne sont pas des oublis, mais des souvenirs, ils ne sont pas une négligence de soi-même, mais un amour et une nostalgie du beau et du bien, avec lesquels on cherche à atteindre la perfection, en transformant et en ressemblant au parfait. Ils ne sont pas captivés par les conditions de la ferrine, sous les lois d’une fatalité indigne, mais par un élan rationnel qui poursuit la crainte intellectuelle du beau et du bien et qu’il sait déjà ce qu’il voudrait plaire de vouloir lui conformer, de telle sorte qu’il Il enflamme sa noblesse et sa lumière et en vient à être recouvert de qualité et de condition qui le font paraître illustre et digne. Par contact intellectuel avec cet objet divin, il devient un dieu; Personne ne pense que ce ne sont pas des choses divines, étant insensibles et impassibles à ces choses qui sont habituellement considérées comme plus principales et pour lesquelles tant d’autres sont tourmentées; rien ne craint et ne méprise, au nom de la divinité, le reste des plaisirs, sans prendre soin de la vie.

... le papillon avance vers la flamme, le cerf vers la flèche et la licorne vers la boucle qui l'attrape, mais pour celui qui aime cette flamme est le désir ardent des choses divines, cette flèche est l'impression du rayon de beauté

( Des furores héroïques )