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S'habiller à la mémoire des morts: 'Les fantômes du passé' (Olivier Assayas, 2016)

Avec l’élégance qui le caractérise, le réalisateur Olivier Assayas continue à explorer les questions de rôle dans les relations de travail, liées aux besoins sexuels, dans une bande surprenante qui change de tonalité à mesure que le modèle change de vêtements.

Il est intéressant de réfléchir au travail de cet excellent réalisateur qui a suivi les traces de la nouvelle vague d'antan, écrivez avant de diriger, dans la légendaire publication française Cahiers du Cinéma, à l'instar de son compatriote et partenaire de génération, le brillant Léos Carax, ou qu'André Téchiné (les trois sophistiqués). Il y a des directeurs de la photographie (Jan de Bont), des rédacteurs en chef (Hal Ashby), des scénaristes (Oliver Stone), des metteurs en scène venus du théâtre (Sam Mendes), aux réalisateurs de scènes d'action avec des doubles comme le récent cas de Chad Stahelski (John Wick ) après avoir pris en charge des scènes spectaculaires de la série Matrix (soeurs Wachowski), par exemple. Mais la manière de diriger un critique de cinéma est différente. il y a un détachement émotionnel total, une gestion des archétypes comme si c’étaient des forces incarnées par les acteurs, une force littéraire dans l’utilisation de la caméra, mais sans caractère subjectif. Dans le cas d’Olivier Assayas, son approche des actrices principales de ses projets et des personnages qui articulent l’ensemble du complot attire l’attention, après avoir réalisé d’énormes collaborations avec Maggie Cheung, d’Asie Argento, de Connie Nielsen, de Chloë Sevigny, de Gina Gershon, Juliette Binoche, d'une manière extraordinaire. Il a réussi à les compresser de manière à ce qu'ils soulignent ses interprétations devant les œuvres précédentes de chacun, ses personnages parsemant une gamme d'émotions sur l'écran qui contrastent dans leurs nuances, qui sont complètement expressives. Il y a un sentiment de vide à l'intérieur d'eux, dont parle Bresson, qui est manipulé par des forces cinématographiques avec lesquelles Assayas réussit à ouvrir de nouvelles dimensions qui sont des salles divines. Mais quelque chose d'autre s'est passé quand il a travaillé avec Kristen Stewart, des étincelles ont germé à l'intérieur de l'actrice et sont venues éclipser de manière notable le travail de Juliette Binoche, qui était la protagoniste de The Clouds of Mary (Assayas, 2014). L’expérience d’agitation se poursuit entre le réalisateur et l’actrice. Olivier Assayas a lui-même avoué lors d’une interview qu’il n’aurait pas écrit le scénario de Ghost of the Past s’il n’avait pas rencontré Stewart. La très reconnaissable actrice, surtout après avoir donné vie à Bella, le personnage principal de la saga Twilight (Hardwicke, Weitz, Slade, Condon), incarne une stylisation de son personnage dans The Clouds of Mary avec des problèmes métaphysiques, pas seulement psychologiques; également assistante d'une femme égoïste, qui dans ce cas n'est pas une actrice mais un modèle.

Maureen Cartwright (Kristen Stewart) parcourt Paris (parfois l’autre partie de l’Europe, cette force politique-économique continent-pays, ainsi illustrée par le macrocosme) pour rejoindre son trousseau à sa patronne: l’insoutenable Kyra (Nora Von Waldstätten, à la que les patatús lui ont donnés quand elle est devenue insolente pour changer de vêtements. Son plus grand désir est toujours de mettre les vêtements de sa maîtresse. C'est ainsi qu'Assayas explore à nouveau les idées maître-esclave et le parent du sadomasochisme social, comme dans Las Les nuages ​​de marie

Maureen avait un jumeau qui est décédé récemment. Il a passé un accord avec lui avant que cela se produise: le premier à mourir allait contacter l'autre; De plus, elle a certains talents pour communiquer avec les morts qu'elle avait déjà utilisés auparavant, c'est un médium. C’est là que le film sort heureusement de l’ordinaire, par le biais de décisions risquées rappelant l’œuvre ancienne de Kiyoshi Kurosawa ( Pulse, Hallucinations of evil ). Maureen fait apparaître des invocations et des fantômes qui ne sont pas son frère, qui sont des fantômes qui ne la laissent pas avancer sur son chemin personnel, sa vie semble être figée.

Les changements de tons que la bande n'a jamais semblés incontrôlables entre les mains du cinéaste, qui exécute magistralement des scènes amusantes qui se transforment soudainement en scènes tendues, puis deviennent sensuelles. Nous attendons de résoudre la séquence qui entre dans le surnaturel, lorsque le danger apparaît beaucoup plus proche et réel, un meurtrier est lâche et en même temps Maureen développe une relation par le biais de messages sur son téléphone portable avec un étranger qui pourrait Sois plutôt quelqu'un de très connu. Des séquences caméléoniques brillamment exécutées, parce qu'elles sont nées de la solitude de Maureen, de son processus de gestion de la douleur causée par la mort de son frère, c'est la même mort qui la confronte en la bloquant le passage, et elle peut enfin lâcher prise, embrasser sa vie à nouveau.

Twitter de l'auteur: @psicanzuelo